Salaire intérim : comment se calcule ta paie ?
La formule de base : taux horaire × heures
Ton salaire en intérim se calcule simplement : le taux horaire brut prévu au contrat de mission multiplié par le nombre d'heures réellement effectuées dans le mois. Une semaine de 35 heures payée 12,50 € brut de l'heure donne environ 437,50 € brut hebdomadaire, soit environ 1 895 € brut pour un mois complet (12,50 × 151,67 heures).
Le taux horaire ne peut pas être inférieur à celui d'un salarié de l'entreprise utilisatrice à poste et qualification égaux : c'est l'égalité de traitement. Les heures supplémentaires sont payées avec la majoration prévue par la convention collective de l'entreprise où tu travailles (souvent +25 % puis +50 %), pas par celle de l'agence.
Certaines primes s'ajoutent au taux de base selon le poste : prime de nuit, de dimanche, de froid, de pénibilité, panier repas ou indemnité de transport quand le chantier l'exige. Elles doivent figurer sur le contrat de mission ou l'avenant — vérifie-les avant de signer.
Les deux indemnités de fin de mission : IFM et ICP
À la fin de chaque mission, deux indemnités s'ajoutent au salaire brut déjà calculé. Ce n'est pas un bonus facultatif : elles sont dues de plein droit et apparaissent sur le bulletin de paie final.
- IFM — indemnité de fin de mission : 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant la mission, pour compenser sa précarité.
- ICP — indemnité compensatrice de congés payés : au moins 10 % de la rémunération brute totale, qui remplace les congés non pris pendant la mission.
Exemple chiffré complet
Prenons une mission de 4 semaines à 35 heures payée 13 € brut de l'heure. Salaire de base : 13 × 140 = 1 820 € brut. IFM : 182 €. ICP : environ 200 € (10 % de la base rémunération incluant l'IFM, calcul courant). Total brut de la mission : environ 2 200 € — soit l'équivalent d'un taux horaire réel proche de 15,70 €, une hausse de plus de 20 % que beaucoup d'intérimaires oublient de compter.
Le net perçu dépend des cotisations salariales (environ 21 à 23 % du brut en général) : dans cet exemple, compte autour de 1 700 € net avant impôt. Le bulletin de paie est établi par l'agence une fois par mois, même si tu enchaînes plusieurs missions courtes dans la période.
Les cas particuliers à vérifier
Heures non effectuées : pas de paie sans heures travaillées — l'intérim ne garantit pas un forfait mensuel. En revanche, une journée d'essai ou de prise de poste doit être rémunérée dès la première heure.
Congés pris pendant la mission : si l'agence autorise des jours de congé, ils sont payés et l'ICP se calcule sur le reste. Jours fériés : la convention collective de la branche intérim prévoit des règles de rémunération sous conditions — demande le détail à ton agence.
Compte épargne-temps (CET) : certaines agences proposent de placer l'IFM et l'ICP sur un CET plutôt que de les toucher immédiatement — utile pour lisser les revenus entre deux missions.
Enfin, le CDI intérimaire change la donne : signé avec l'agence après un volume d'heures travaillées, il garantit une rémunération minimale mensuelle même entre les missions — le calcul ci-dessus reste valable, mais la période sans mission n'est plus à zéro euro.
Comment vérifier ton bulletin
Trois points de contrôle rapides : le nombre d'heures correspond à tes relevés d'horaires, le taux horaire est celui du contrat de mission, et les lignes IFM et ICP apparaissent bien en fin de mission. En cas d'écart, contacte d'abord l'agence — la plupart des erreurs sont des saisies d'horaires et se régularisent au bulletin suivant.
Pour gagner en taux horaire, cible les missions en tension (nuit, week-end, habilitations CACES ou HACCP) et crée une alerte JobKado sur ton métier : les missions les mieux payées partent vite.